Expertise médicale

Médecin de recours ou médecin de l'assurance : quelle différence ?

Dr Florian Gonzalez

Lors d’une expertise après un accident, deux médecins peuvent porter le titre d’« expert ». Ils n’ont pourtant pas le même rôle — ni le même camp. Comprendre cette différence est essentiel pour aborder l’expertise sans mauvaise surprise.

Le médecin-conseil de l’assurance

C’est le médecin mandaté par la compagnie d’assurance. Il examine la victime et propose une évaluation des séquelles. Son intervention est légitime et encadrée, mais il faut garder à l’esprit qu’il est rémunéré par l’assureur : son appréciation tend, naturellement, vers ce qui est compatible avec les intérêts de la compagnie.

Ce n’est pas une critique de sa probité. C’est une question de position : personne ne peut être totalement neutre lorsqu’il évalue un dossier pour la partie qui l’emploie.

Le médecin de recours

Le médecin de recours — parfois appelé médecin-conseil de victime — est choisi et mandaté par la victime. Sa mission est inverse : s’assurer que l’ensemble des préjudices est reconnu et évalué à sa juste mesure, et défendre cette évaluation lors de la discussion contradictoire.

Il n’est pas l’expert « neutre » désigné par un tribunal : il est ouvertement du côté de la victime. C’est précisément son intérêt.

Pourquoi ne pas rester seul face au médecin de l’assurance ?

L’expertise est un dialogue technique : consolidation, imputabilité, état antérieur, taux de déficit fonctionnel. Une victime seule, souvent affaiblie par ses séquelles, n’a ni le vocabulaire ni le recul pour discuter ces notions au moment où elles se décident.

Le médecin de recours rétablit l’équilibre :

  • il traduit votre vécu en termes médico-légaux exploitables ;
  • il vérifie que chaque poste de la nomenclature Dintilhac est examiné ;
  • il conteste, arguments médicaux à l’appui, ce qui est sous-évalué.

Un principe simple

Face au médecin de l’assurance, la meilleure protection est d’avoir, soi aussi, un médecin. Non pour créer un conflit, mais pour que l’évaluation se fasse à armes égales — et que rien de ce que vous avez subi ne soit oublié.